Les Mancel

Nicolas Mancel & Thomasse Champion

C'est au tout début du XVIIème siècle que Launay passe aux Mancel. Le chanoine Royer affirme sans citer ses sources que Nicolas Mancel est cité comme seigneur de Launay (page 303 de l'ouvrage "Les Fougerêts - Miettes d'histoire" ) : "Le dimanche 6 mars 1611, au prône de la grand' messe célébrée par le recteur François le Bas, toute la noblesse de la paroisse : ...... , Nicolas Mancel, seigneur de la Villecaro et de Launay,.....".

Photo : Service de l'Inventaire -

Région Bretagne

Mais qui est Nicolas Mancel ?

Il est né le 26 août 1569 et décède le 3 avril 1624. Il est le fils de Pierre Mancel, seigneur de la Ville Caro (décédé le 28 février 1610) et de Françoise Quejeau, dame de la Brousse (source Généanet)

Dans son ouvrage sur les Montres et Réformations, le Comte de Laigue note pour la réformation de 1427 que la Ville Caro appartient à Jehan Mancel, noble (sources : La Noblesse Bretonne aux XVe et XVIe siècles - Réformations et Montres - Evêché de Vannes par M. le Comte R. de LAIGUE). Les Mancel sont d'ancienne extraction noble et une ancienne famille des Fougerêts, pas étonnant donc qu'ils aient jeté leur dévolu sur la Cour de Launay. Après Jehan et toujours aux Fougerêts, on trouve Amaury lors d'une montre puis Guillaume Mancel lors d'une autre montre et Vincent Mancel lors de la réformation de 1514.

Nicolas Mancel, descendant de cette lignée, épouse Thomasse Champion (source Généanet). Ils auront trois filles dont l'ainée Gillette (ou Gilonne) née le 24 novembre 1620. Après le décès de Nicolas, Thomasse épousera en secondes noces Jean-Baptiste Madic, gouverneur de Monfort-sur-Meu. 

Les Mancel portent d'azur à trois molettes d'argent ; au chef cousu de sable, chargé de trois têtes de loup d'argent, arrachées de geules - Nobiliaire et armorial de Bretagne - Pol Potier de Courcy

Nous retrouvons la trace de Nicolas Mancel dans un relevé de Rolle et Rentes de la Roche Gestin établi en 1623, soit un an avant son décès, dans lequel il est clairement identifié comme "Escuyer Nicolas Mancel, seigneur de Launay en la paroisse des Foulgerais" (après avoir été noté puis barré comme étant de Carentoir). Ce document provient du fonds Castellan aux archives départementales du Morbihan sous la côté provisoire E5538-75

Gillette Mancel & Pierre de Sérent

Après le décès de son père en 1624, Gillette Mancel devient dame de la Villecaro et de Launay à l'âge de 4 ans ! Sa mère épouse en seconde noces Jean-Baptiste (Jan) Madic.

Il faut rapidement trouver un "destin" à l'héritière Gillette.

Le 4 juillet 1633, à l'âge de 12 ans et demi, Gillette épousera à Saint-Malon-au-Mel (Ille-et-Villaine) Pierre de Sérent seigneur de la Rivière (voir acte ci-contre - Archives en ligne d'Ille-et-Vilaine) et âgé de 20 ans. 

Par ce mariage, la Villecaro et la Cour de Launay arrivent dans les mains de Pierre de Sérent, homme d'influence mais qui avait d'autres projets que celui de garder ces petites seigneuries.

La connaissance de ce personnage et de son environnement permettra de mieux comprendre ce qui se passera en 1649.

​« Cette Maison est une des plus anciennes & des plus distinguées de la Province. Son origine, se perd dans la nuit des temps. Elle a toujours existé dans l'Évêché de Vannes, où est située la Baronnie de Sérent, qu'elle possédait il y a plus de huit cens ans, comme il est prouvé par différents actes. » ( La Chenaye Desbois, 1784)

La seigneurie de la Rivière en Sérent est une ancienne seigneurie appartenant à une branche cadette des Serent.

Mais le but de Pierre de Sérent est manifestement d'asseoir sa notoriété par une position sociale importante à la fois en terme de fonctions occupées et aussi par le prestige de ses biens.

 

Manoir de la Rivière en Sérent

Au niveau professionnel il y arrivera, à en voir ses titres : chevalier, président au présidial de Vannes, conseiller du Roi, maitre des requêtes ordinaires de la Reine régnante.

En 1645, il acquiert le château Gaillard à Vannes, ancien hôtel du parlement de Bretagne (source Dictionnaire des châteaux et manoirs du Morbihan - Charles Floquet - Ed. Yves Floch) et il y fit réaliser un cabinet de travail orné de 9 toiles et 57 panneaux de bois représentant la vie de Jésus Christ et des pères du désert inspirés des oeuvres du peintre flamand Maerten de Vos.

Acte de mariage entre Gillette Mancel et Pierre de Sérent

Cabinet de la Vie de Jésus-Christ et des pères du désert conçu à la demande de Pierre de Sérent - Château Gaillard - Vannes

Par son père, Pierre de sérent est seigneur de la Rivière, de Kervazic et autres lieux, mais cela ne suffit pas. Il ambitionne de prendre possession de la seigneurie d'Aguénéac en Sérent afin de réunir l'ensemble de ces seigneuries en châtellenie, or Aguénéac appartient à Dame Louise du Vergier, dame d'Aguénéac et Jan Burban, seigneur de la Villegro en Sérent.

C'est alors que les deux couples échangeront les seigneuries issues des épouses, faisant passer en 1649 par contrat, que nous étudierons dans l'onglet suivant, Aguénéac au couple De Sérent-Mancel qui donnera en échange la Villecaro, Launay, la Brousse et la Ville Macé au couple Burban-Du Vergier.

Possédant maintenant Aguénéac, Pierre de Sérent demande et obtint "par lettres patentes du Roy en janvier 1650 que les terres et seigneuries d'Aguénéac, de Kervasy et de la Rivière soient réunies à celles de Trédion et érigées au titre et dignité de châtellenie.  

En juillet de la même année, il fut évincé de la terre de Trédion par Nicolas Fouquet mais il fut confirmé dans ses droits et possessions en décembre 1660 par le roi à la condition toutefois que la châtellenie porte le nom d'Aguénéac. 

Sources : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine. Section judiciaire au palais de justice de Rennes. Registres des Enregistrements du Parlement de Bretagne, XXII, f° 146 verso. B. 24, texte. Bibliothèque nationale, Ms français, 22317, f° 194, analyse

Chateau Gaillard - Vannes

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