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© 2014 par Manoir de la Cour de Launay - JPC

Les Burban reviennent

Thérèse Burban

Les héritiers contestent la gestion des biens maternels par leur père.

En juillet 1668, 11 ans après son décès, la succession de Louise du Vergier n’est toujours pas liquidée. Certains de ses enfants demandent une évaluation de l’ensemble de ses biens propres dont la Cour de Launay que leur père avait pris la décision de vendre en 1661.

Les enfants sont au nombre de 4 : Sébastien sieur de Bois-Brun, Jullienne dame de la Villegro, Jean sieur de la Villecaro et Teraize dame de Quebocquellion.

Nos recherches ont permis de retrouver la copie effectuée par le chanoine Royer d'un document original​ qui serait conservé aux archives d'Ille et Vilaine mais que nous n'avons pas retrouvé à ce jour : il s'agit de l'acte de "prisage et mesurage" établi dans le cadre de cette contestation.

Il s'agit d'une pièce d'une grande valeur archivistique car elle reprend l'inventaire complet de 3 seigneuries des Fougerêts au milieu du XVIIè siècle : la Cour de Launay, la Brousse et la Ville Caro. On y apprend, la taille et la destination des bâtiments, la surface des terres et les cultures pratiquées ainsi que les rendements de ces seigneuries, y compris "dismes, rolles et bailliage".

 

Ce document, datant de 3 siècles et demi, établi à l'occasion de la contestation de succession est la première description totale du site de la Cour de Launay, les actes de vente ne donnant habituellement qu'une description très sommaire, davantage concentrée sur la répartition des terres.

Ici, nous pouvons parfaitement nous imaginer à quoi ressemblait la Cour de Launay :

La maison principale est nommée la Salle. Sa contenance était de 32 pieds sur 18 pieds et 9 pouces par l'intérieur. Elle est construite en maçonnerie et couverte d'ardoise. Elle comprend une salle basse et une salle haute où sont cheminées et grenier au dessus.  On précise que les doublages (planchers ?) sont fort ruinés.

A l'arrière se trouve une autre construction en croisée (aile ouest) construite avec les mêmes matériaux de 15 pieds sur 13 pieds et 10 pouces consistant en un cellier, une chambre et un grenier au dessus ayant leur entrée par la maison principale.

La servitude de la maison est assurée par une montée à vis de pierre bâtie en tourelle contenant de rotondité par le dehors 27 pieds.

Contre le pignon nord sont les latrines construites en maçonnerie et couvertes en bas-côté de 7,5 pieds sur 7 par l'extérieur.

Une autre maison faisant séparation de la cour vers le sud est construite en pierre et couverte d'ardoise de 39 pieds sur 7,5 pieds doublée d'une partie fort dégradée de 39 pieds sur 17,5 pieds. Cette maison sert au logement du métayer.

Et de l'autre coté de la cour vers le nord se situe une autre construction de maçonnerie couverte d'ardoise de 45,5 pieds sur 18 séparée en deux par un mi-pignon non double. Ce bâtiment est cité comme grange et étable de métayer.

Cette description se complète d'un "petit pré de devant ansciennement soubz boys de haulte fustaye a presant non hayé fors de quelques palitz et bout de mure", d'un petit domaine de Launay et d'un grand domaine de Launay.

L'évaluation comprend également une quantité de lande située à Caillibouy, la dîme de Launay ainsi que le rôle et bailliage de Launay.

La description prouve par ses détails le mauvais entretien réservé à certains bâtiments et la disparition d'espaces de bois de hautes futaies. Ceci est probablement du au fait que la Cour de Launay n'est plus depuis longtemps le lieu de résidence des propriétaires à l'exception des Guynais-Lecoeur dont les moyens ne permettaient certainement pas de rendre le lustre d'antan à cette maison noble.

L'évaluation de la Cour de Launay montre la faible valeur de cette seigneurie qui a souvent, au gré des heurs et malheurs des propriétaires, servi de nouveau placement ou "d'argent de poche", ce qui explique les nombreux changements de propriétaires. Vous pourrez ci-dessous comparer la taille et le "prisaige" de la Cour de Launay en comparaison de la Ville-Caro et de la Brousse :

Le document ne dit pas quelle fut la suite donnée à cette contestation familiale ni comment les Burban récupérèrent la maison noble de Launay, mais nous retrouvons Thérèse BURBAN, dame de Kerboclion en Taupont, veuve d’écuyer Gilles CADO décédé en 1667, qui possède la seigneurie de la Cour de Launay.

Elle se remarie avec Guillaume Hervieux, seigneur de Bodégat en Mohon.

 

Elle aura 11 enfants : 6 du 1er conjoint (dont 2 fils) et 5 du 2è.